Isabelle Oligny

Comme bien des éleveurs, Isabelle Oligny et son fils Louis-Philippe Beaudoin apportent à leurs bêtes tous les petits soins dont ils ont besoin, pour le plaisir de bien faire les choses et par amour pour eux. On est allé à leur rencontre aux Fermes d’Isabelle sur la route 133, aussi appelée le chemin des Patriotes, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Les Fermes d’Isabelle, une entreprise qui sort du rang

Les animaux, c’est une passion pour moi », dit simplement Isabelle Oligny, propriétaire de cet élevage de poulets de chair. Cette affection pour les animaux, la nature et tout ce qui la compose paraît être partagée par toute la famille. Une passion enracinée dans cette ferme du chemin des Patriotes depuis le début des années 1900 lorsqu’Égide Oligny et Valentine Boucher s’y sont installés pour l’exploiter. C’est avec courage et enthousiasme qu’ils ont fait prospérer ce qui était à l’époque une entreprise laitière.

« Mon père Réal a repris les rênes à l’âge de 20 ans, raconte Isabelle Oligny. Mes grands-parents lui ont alors légué un troupeau d’une vingtaine de têtes. Il était aidé de ma mère, Louise Charbonneau, elle aussi fille d’agriculteurs. Elle était responsable de la comptabilité, du transport du lait et trouvait même le temps de préparer les repas pour les employés qui travaillaient à la ferme. »

La recette de Réal et Louise s’est avérée gagnante, puisqu’après seulement dix ans, leur cheptel totalisait 100 vaches en lactation. Ce cheptel impressionnant les plaçait parmi les plus grands éleveurs laitiers du Québec. Leur produit était alors vendu à une laiterie de Saint-Jean-sur-Richelieu. Au début des années 1970, Réal Oligny s’est lancé dans l’immobilier et la construction après avoir vendu son quota de lait. L’une de ses premières réalisations a été la maison familiale qu’il a bâtie de ses mains et à partir des cadeaux que sa terre avait à lui offrir. Composée de pierres des champs et de boiseries provenant des arbres de sa petite érablière, celle-ci est un véritable plaisir pour les yeux.

Toujours secondé par son épouse et très peu intimidé par les nouveaux défis, l’entrepreneur a mis sur pied un poste de criblage qu’il a exploité sur place en produisant lui-même les céréales. Ces dernières étaient distribuées aux agriculteurs avoisinants. Il trouvait également le temps d’exporter des taures de race Holstein au Mexique et au Venezuela. Malgré son succès, ce volet a pris fin rapidement en raison des maladies qui ont été fatales au marché de l’exportation. C’est ainsi que Réal Oligny s’est lancé dans l’élevage de bovins de boucherie. Agneaux, lapins et canards se sont ensuite ajoutés à son cheptel. Pendant ce temps Isabelle grandissait tout en acquérant une solide expérience à travailler avec son père.

La naissance d’un rêve

Elle obtient, en 1994, un diplôme d’agronomie de l’Université Laval, avec spécialisation en production animale. « J’ai suivi un cours où l’on comparait l’effet de différentes moulées sur les poulets, dit-elle. Les étudiants avaient la possibilité de garder le petit troupeau par la suite et j’ai accepté. C’est comme ça que j’ai découvert mon amour de la production avicole! Mon père m’a aidée à démarrer. Un premier poulailler a été aménagé sur l’une de nos terres, puis un second dans la grange-étable qui auparavant abritait les bovins de boucherie. Car, avec le temps, ce volet de l’entreprise a cédé sa place, faute de temps et de ressources. J’ai préféré me concentrer sur l’achat de mes premiers quotas de poulet et la mise en marché. »

En 1994, la nouvelle avicultrice commence à vendre ses poulets aux membres de sa famille et aux amis, à partir d’un comptoir aménagé dans le garage de ses parents. Petit à petit, l’excellente qualité du produit qu’elle offre se fait connaître. C’est en 1998 qu’elle crée son magasin bien à elle. Depuis ce jour, c’est la petite maison bâtie en 1880 dans laquelle son père est venu au monde qui accueille les fidèles clients d’Isabelle. De taille modeste, mais d’une grande élégance, la demeure aux murs blancs est coiffée d’un toit rouge au centre duquel trône une lucarne. On y vend principalement la viande des poulets élevés par les Fermes d’Isabelle sous une impressionnante variété : poulets entiers, demi-poulets, cuisses, hauts de cuisses, pilons, ailes, poitrines désossées, poitrines avec dos, tournedos, escalopes, viande à fondue, cubes, viande hachée, saucisses, cœurs, cous, foies, gésiers et mets préparés. En énumérant ses découpes, Isabelle affichait un petit sourire qui cachait un vœu qu’elle gardait secrètement, mais qu’elle a accepté de confier : « Je me demande parfois si j’aurai un jour une demande de découpe que je ne peux fournir à mes clients. »

En outre, par solidarité et parce qu’elle a confiance en leur qualité, la propriétaire commercialise également la viande et les produits d’autres petits entrepreneurs de la région : bœuf, veau, porc, dinde, gibier, miel, produits de l’érable, tartes maison et autres produits santé.

En plus de son fils, Louis-Philippe, qui s’implique de plus en plus dans l’entreprise, une employée dévouée et très appréciée fait partie de l’équipe. Depuis plusieurs années, Marylène offre dans la boutique un excellent service à la clientèle, tout en aidant aux commandes qui garnissent les chambres froides du magasin.

Une ferme qui se démarque sur plusieurs points

Afin de pouvoir garantir à sa clientèle la qualité et l’authenticité de son produit, Isabelle cultive elle-même 100 % du grain dont elle nourrit sa volaille. Son alimentation est composée de maïs, de soya et de blé non-OGM, auxquels on ajoute vitamines et minéraux. Tout comme le poulet des Fermes d’Isabelle, les différents produits vendus à la boutique sont issus d’élevages n’utilisant aucune hormone de croissance, aucun antibiotique et, où, le bien-être des animaux a une importance particulière.

Chaque jour, dans l’entreprise familiale de la route 133, on fait marcher les oiseaux des trois compartiments d’élevage. Puisqu’ils disposent de beaucoup plus d’espace, cet exercice quotidien se poursuit jusqu’au moment de l’abattage. Ici, un plancher logeant 1 500 bêtes pourrait très bien en accueillir 5 000. Il est impératif pour madame Oligny que ses petits pensionnaires aient de la place pour se mouvoir à leur guise et rester ainsi en meilleure santé. L’espace supplémentaire a aussi l’avantage de maintenir une litière plus propre et plus sèche, ce qui réduit de beaucoup le taux d’ammoniac. « Même les inspecteurs des programmes de salubrité des aliments et des soins aux animaux n’en reviennent pas », note Isabelle. « Sans compter l’importance pour nous d’offrir à ces animaux une belle vie en échange de ce qu’ils nous apportent, nous voulons leur éviter tout stress, car ce dernier peut avoir un effet considérable sur la qualité de la viande, fait remarquer Louis-Philippe Beaudoin. Voilà pourquoi ma mère s’est toujours occupée elle-même des attrapages. Je suis fier de dire que j’en suis maintenant responsable depuis quelques années. C’est une tâche ardue qu’il faut accomplir avec soin. C’est une équipe que j’ai formée avec mes amis qui attrape les poulets chaque semaine, à la noirceur. Les oiseaux sont beaucoup plus tranquilles lorsqu’il fait nuit. Comme tout est fait en douceur, on évite le durcissement de la chair et d’autres problèmes pouvant être liés au stress. Nos efforts sont concentrés sur la qualité de la viande oui, mais aussi sur le bienêtre animal. »

Rares sont les aviculteurs qui font un abattage chaque semaine. Fournir à la clientèle du poulet frais sur une base hebdomadaire est une particularité devenue routine aux Fermes d’Isabelle. Cela permet également à l’entreprise de produire un poulet plus gros que la moyenne. La qualité et le poids des découpes en témoignent. Les poitrines désossées peuvent peser jusqu’à 1,5 kg chacune, et un poulet entier, jusqu’à 6 kg.

Les Fermes d’Isabelle sont une autre preuve que le bien-être des animaux peut se conjuguer à merveille à l’excellence du produit.

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