Famille Berthiaume

Les Berthiaume de Saint-Elzéar ont remporté le titre de famille agricole de l’année en 2017. Depuis toujours, ce clan a su diversifier sa production et exploiter avec bonne humeur et aplomb les bons filons. L’ajout de la volaille leur a donné des ailes!

Normand Berthiaume et Thérèse Turmel étaient loin de se douter que leur petite ferme bâtie sur un sol rocailleux et achetée en 1956 deviendrait, 60 ans plus tard, une référence pour le monde agricole. C’est pour célébrer l’énergie et la volonté de réussir de son doyen que la famille Berthiaume a présenté sa candidature en 2017. Yan Berthiaume, petit-fils de Normand, parle de cette reconnaissance avec beaucoup de fierté. « Ce n’est pas quelque chose que l’on peut acheter. C’est un travail à long terme, et mon grand-père avait sa façon de faire, il adorait l’agriculture et il l’a transmis à ses enfants. C’était notre manière de lui dire merci. »

La famille Berthiaume est un véritable clan, tissé serré, qui partage une même vision et un positivisme contagieux. Oncles, tantes, frères et sœurs vivent à proximité, collaborant à la fois aux tâches quotidiennes et à la gestion de l’entreprise familiale. « Nous avons toujours cru pouvoir aller plus loin en gang que seuls et on a compris très vite que ce n’était pas rentable d’avoir des égos. Personne n’a réponse à tout ou toutes les solutions, » explique Yan. Tous les membres de la famille se rencontrent fréquemment pour échanger sur les dernières nouveautés technologiques, les plus récentes données sur la nourriture ou les maladies, mais aussi pour parler développement. L’information demeure le nerf de la guerre pour les Berthiaume, qui consultent aussi bien les autres éleveurs que les transformateurs et les couvoiriers. « Lors des réunions, chacun amène ses points et il y a échange. On décide ensemble des développements. Certaines choses demandent plus de discussion, mais c’est toujours assez simple d’obtenir le consentement de tous et de trouver des points communs, » explique Yan.

C’est probablement lors d’une de ces réunions que la famille Berthiaume a décidé de se lancer dans l’élevage des poulets. « Mon père Mario a commencé à regarder de ce côté en 1978, mais à l’époque, son père et son frère n’étaient pas des plus intéressés. » Mario Berthiaume a maintenu sa curiosité pour l’aviculture, et en 2007 lorsqu’un couvoir à la recherche de nouveaux producteurs l’a approché, la famille était prête à se lancer dans l’aventure. « À cette époque, nous avions une maternité porcine avec laquelle nous avions des problèmes, nous dit Yan. On a transformé les bâtisses en poulaillers. » Les volailles s’ajoutaient au lait, au porc et à l’acériculture. Les anciens bâtiments en bois qui dataient de 1978 et rénovés en 2000 ont été modernisés et adaptés pour ne servir qu’aux poulets.

Les premiers pas

Yan Berthiaume est le responsable des poulets à 100 %. Ce diplômé en Farm Management and Technology du Campus Macdonald avoue très franchement qu’au départ, il n’y connaissait rien. Heureusement, le couvoir Scott a organisé à plusieurs reprises des rencontres avec un spécialiste de la région en plus de l’appuyer dans cette démarche. Mais, certaines surprises l’attendaient… « On pensait que lorsque les poulets sortaient, entre les lots, on pouvait prendre nos vacances. Mais, c’est là qu’il faut nettoyer. Il faut s’assurer que tout est prêt pour accueillir les prochains poussins. »

Les choses se sont vite tassées, les bons réflexes engrangés. « C’est une belle production, un charme. Ça a amené son lot de complexité au niveau fiscal puisqu’on a pratiquement acheté tout notre quota d’un coup et qu’il faut le supporter. Notre seul regret, c’est de ne pas avoir commencé bien avant. »

Le quotidien

La routine de Yan est maintenant bien établie, mais elle prend aussi quelques détours à la Berthiaume. « Le matin, mon oncle Marco, mon père, mon frère Alex et moi, nous rendons tous à l’étable parce que les vaches demandent plus de temps. Je vais commencer le train avec mon frère, puis je vais me rendre aux poulaillers pour m’assurer que tout va bien. Ensuite, ce sont les travaux aux champs en été, l’enlèvement de la neige en hiver, entretenir les bâtiments et les réparer, améliorer les productions… On se distribue les tâches. » Alors que Yan s’occupe de la gestion sur le terrain, son frère s’occupe des livres et de la comptabilité.

Quand on lui demande pourquoi ce métier demandant est si peu valorisé, Yan répond philosophiquement qu’on ne peut pas en vouloir aux consommateurs et replace ce désintérêt général dans son contexte historique. « Il n’y a pas si longtemps, le monde avait faim. Après les deux grandes guerres, il y a eu des investissements massifs dans l’agriculture. On produit plus qu’on n’a jamais produit. Les gens ne savent pas ce que le fermier vit. C’est un peu notre faute. » Il se chagrine toutefois quand les gens traitent les aliments comme tous les autres biens de consommation et se tournent vers la Chine comme lorsqu’ils achètent un t-shirt. Sa solution? Faire visiter les fermes à qui le demande. « Il y a 30 ans, 20 ans, tout le monde connaissait quelqu’un qui avait une ferme. Maintenant, la grande majorité n’a pas une idée de ce que c’est. Je me suis fait demander s’il était possible de visiter nos installations. Il n’y avait pas que des enfants, mais aussi des gens de 50 ans qui se rappelaient du grand-père qui avait une ferme avec cinq vaches dans le coin de l’étable. » Faire visiter les fermes, « ouvrir » les portes, et expliquer la réalité des aviculteurs et les agriculteurs d’aujourd’hui.

Voir plus loin

La croissance dans tous les domaines passe par les défis et les solutions que l’on trouve. Quand la production porcine a traversé des zones de turbulence, plutôt que de s’abattre, le clan Berthiaume a retroussé ses manches et s’est lancé dans l’aviculture. « Mon grand-père n’a jamais eu peur du changement, de faire les choses différemment. Il a toujours été ouvert à toutes les idées, » soutient Yan. C’est peut-être là le plus beau cadeau que Normand Berthiaume et Thérèse Turmel ont laissé à leurs fils et qui se transmet de génération en génération chez les Berthiaume : cette capacité d’adaptation et cette recherche constante de solutions qui se nourrit des mêmes espoirs de réussite.

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