Commerce international

Négociations à l’OMC

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) vise à libéraliser les marchés et, pour cette organisation, la gestion de l’offre représente nécessairement un obstacle. Le cycle actuel de négociations comporte des risques importants pour notre modèle agricole équitable.

Tout comme les producteurs de lait, d’œufs de consommation et d’œufs d’incubation, les éleveurs de volailles du Québec approvisionnent le marché dans le cadre de la gestion de l’offre. Ce mode de mise en marché offre plusieurs avantages du fait qu’il recherche constamment le meilleur équilibre possible entre l’offre et la demande.

Ce mode n’est possible que si les conditions actuelles sont maintenues. D’une part, les éleveurs se sont engagés à approvisionner le marché canadien en produits de qualité, en quantité suffisante et sans produire de surplus, tout en ne recevant aucune subvention pour soutenir leur revenu. D’autre part, le gouvernement fédéral s’est engagé à limiter l’entrée de produits importés de façon à ce que les besoins du marché canadien soient comblés principalement par la production canadienne.

Il en résulte notamment pour les consommateurs un approvisionnement stable ainsi que des prix justes et abordables.

Dans la mire de l’OMC

Depuis sa création en 1995, l’OMC poursuit l’objectif de réduire les barrières commerciales. Or, la menace se fait encore plus grande depuis 2001 alors que l’agriculture devenait l’un des principaux domaines ciblés.

En 2008, un texte sur des modalités précises a été proposé comme base de négociation. Il s’agit d’un projet d’entente qui prévoit d’importantes réductions des tarifs douaniers qui entraîneraient un dumping de produits laitiers et avicoles sur le marché canadien. De plus, d’importants pays exportateurs pourraient maintenir leurs subventions agricoles.

Les négociations sur l’agriculture ont toutefois peu progressé au cours des dernières années, les membres de l’OMC demeurant divisés sur la façon de faire avancer ces négociations.

Partenariat transpacifique

La négociation multilatérale de libre-échange du Partenariat transpacifique (PTP), dans laquelle le Canada est activement engagé depuis 2012 avec l’Australie, le Brunéi, le Chili, les États-Unis, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam, s’est conclue le 5 octobre 2015. Il est prévu qu’elle entre en vigueur le 1er janvier 2017.

Tout en reconnaissant que le commerce international est essentiel à l’économie canadienne et que la signature d’accords commerciaux comme celui du Partenariat transpacifique est importante pour l’économie canadienne, les Éleveurs de volailles du Québec ont toujours demandé au gouvernement canadien qu’il n’ouvre pas davantage son marché intérieur aux importations de poulet et de dindon.

Le Canada importe déjà plus de poulet que la plupart des pays du PTP réunis, incluant les États-Unis. Or l’entente prévoit que l’accès à nos marchés en provenance des pays signataires passera de 7,5 % à 9,6 % pour le poulet et de 5 % à 7 %  pour le dindon.

Par ailleurs, le gouvernement canadien a annoncé dans le cadre de cette entente le renforcement des contrôles frontaliers. De telles mesures constituent certainement une bonne décision et devront être appliquées rapidement par le gouvernement, tant pour la volaille que pour le secteur laitier.

L’appui de nos gouvernements, tant au Québec qu’au Canada, demeure nécessaire afin de préserver ce secteur d’activité, générateur de richesse et d’emplois à travers tout le Québec.

Interventions aux niveaux national et international

Devant l’impact négatif qu’aurait la signature de tout accord commercial qui limiterait la capacité du Canada à contrôler ses importations dans les secteurs laitier, avicole et des œufs, les Éleveurs de volailles du Québec multiplient les interventions auprès des gouvernements fédéral et provincial ainsi qu’au niveau international. Ils expriment leurs craintes et réclament le maintien de la gestion de l’offre de façon à préserver l’ensemble de ses avantages.

Les Éleveurs de volailles du Québec font aussi partie de deux coalitions :

GO5 Coalition pour un modèle agricole équitable, la gestion de l'offre et la Coalition pour la souveraineté alimentaire créées respectivement en 2003 et 2008. L’objectif est d’influer sur l’issue des négociations commerciales nationales et internationales. Les organisations agricoles et de la société civile qui en font partie se sont jointes pour unir leurs voix et proposer des solutions. Les ÉVQ et leurs alliés rejoignent un nombre grandissant de leaders d’envergure internationale qui contestent le fait de considérer les aliments comme de simples biens commercialisables.

Cette position est évidemment légitime et elle reçoit un accueil de plus en plus favorable, mais les Éleveurs de volailles du Québec estiment que la menace envers la gestion de l’offre est toujours bien présente.

Pour en savoir davantage sur les négociations commerciales, consultez également les sites des Producteurs de poulet du Canada et des Éleveurs de dindon du Canada.

GO5 Coalition pour un modèle agricole équitable

Une large coalition de citoyens et d’organisations ont formé GO5 Coalition pour un modèle agricole équitable, la gestion de l’offre. Cette coalition a été mise sur pied en 2003 et rallie de nombreuses personnes et organisations qui croient en une agriculture forte et un secteur alimentaire prospère au Québec. Elle vise le maintien de la gestion de l’offre au terme des différentes négociations commerciales nationales et internationales.

Bien entendu, les cinq productions québécoises sous gestion de l’offre sont au cœur de la GO5 Coalition pour un modèle agricole équitable, la gestion de l'offre. On y retrouve les producteurs de lait, les producteurs d’œufs de consommation, les producteurs d’œufs d’incubation ainsi que les éleveurs de poulet et les éleveurs de dindon. Ensemble, ces productions représentent plus de deux milliards de dollars à la ferme, soit près de 40 % des recettes agricoles totales du Québec.

La Coalition GO5 a lancé en 2015 une campagne publicitaire et d’affichage sous le thème Forts et unis pour la gestion de l’offre. Pour tous les détails de la campagne, visitez le fortsetunis.ca.

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