Réponse des Éleveurs de volailles du Québec à l'article de Marc Séguin paru dans La Presse

Septembre 2017

En réponse au texte de Marc Séguin paru dans La Presse le 25 septembre 2017, les Éleveurs de volailles du Québec tiennent à rectifier et à nuancer certains propos de l’auteur.
Nous croyons important de réitérer que pour les éleveurs de volailles, la santé des consommateurs et celle des oiseaux sont au coeur de notre travail quotidien. Nous appliquons rigoureusement de bonnes pratiques d’élevage afin de maximiser le bien-être de nos oiseaux et de fournir aux consommateurs des produits sains et de qualité.


Dans son texte, Marc Séguin accuse le secteur avicole de faire preuve d’hypocrisie en faisant la promotion d’un poulet sans hormones. Il est vrai que l’usage d’hormones est interdit au Canada depuis 1963, toutefois, nos récents sondages d’opinion dévoilent qu’environ 40% des consommateurs québécois croient toujours que le poulet acheté au supermarché contient des hormones ajoutées. C’est pour cette raison que notre organisation sent le besoin de faire des campagnes d’éducation auprès des consommateurs afin de mettre de l’avant nos bonnes pratiques d’élevage dont nous sommes fiers.


Monsieur Séguin mentionne également que nous maquillons la vérité en ce qui concerne l’usage d’antibiotiques. Les consommateurs peuvent avoir la certitude que le poulet produit au Québec comme dans les autres provinces canadiennes est exempt de résidus d’antibiotiques depuis plusieurs décennies. En effet, le Canada s’est doté d’une réglementation stricte en matière d’utilisation d’antibiotiques et d’application de périodes de retrait afin de s’assurer que le poulet offert sur le marché ne contient pas de résidus d’antibiotiques. Ces mesures sont également vérifiées par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Les éleveurs de poulet ont aussi interdit l'utilisation des antibiotiques de catégorie I en 2014 et ont approuvé une stratégie visant à éliminer l'utilisation préventive des antibiotiques de catégorie II d’ici la fin de 2018 et celle des antimicrobiens de catégorie III d'ici la fin de 2020. L’objectif est de trouver des solutions de rechange à l’usage d’antibiotiques. Les éleveurs de poulet sont aussi des consommateurs et c’est pourquoi ils ont à coeur de produire de la volaille nutritive et abordable, et ce, de façon sécuritaire et éthique.


À maintes reprises, monsieur Séguin fait allusion aux subventions versées aux éleveurs de poulet. Ces allégations sont erronées puisque le secteur avicole ne reçoit aucune subvention gouvernementale comme la production de volailles est encadrée par la gestion de l’offre. Ce système équilibré fait en sorte que le poulet offert à chaque période correspond à la demande du marché. Pour ces raisons, notre secteur est autonome et ne nécessite pas d’aide financière de la part des contribuables. En ce qui concerne les prix payés par les consommateurs, ils sont déterminés par les magasins d’alimentation et les restaurants en fonction d’une grande variété de facteurs. De notre côté, nous les producteurs, recevons un revenu fixe pour nos poulets.


L’offre de produits que l’on trouve sur le marché est toutefois dictée par quelques transformateurs au Québec. Nous travaillons à améliorer le système d’approvisionnement actuel. Soyez assuré que la mission des Éleveurs de volailles du Québec est d’assurer une mise en marché efficace et ordonnée et de bien approvisionner tous les besoins de tous les marchés.


Pierre-Luc Leblanc, Président des Éleveurs de volailles du Québec