Assemblée générale annuelle des Éleveurs de volailles du Québec 2014

Mai 2014

LONGUEUIL, le 9 mai 2014 – Quelque 480 éleveurs et intervenants du secteur avicole québécois se sont réunis en assemblée générale annuelle le 16 avril dernier au Château Frontenac.

Survol des dossiers provinciaux

Pour MM. Pierre-Luc Leblanc et Pierre Fréchette, respectivement président et directeur général des ÉVQ, la dernière année a été très chargée avec 29 réunions pour le conseil et 15 pour le comité exécutif. En 2013, la production québécoise de poulet a connu une année plutôt favorable avec une augmentation de 3,7 % contre 1,8 % pour l’ensemble du Canada. Les ÉVQ prévoient pour 2014 une croissance établie à 1,5 % pour le Québec et le Canada en fonction de la production réalisée en A-121 et A-122, des allocations établies pour A-121 à A-125 et des perspectives de marché pour A-126.

Concernant la mise en place du projet de vente centralisée de quotas de poulet, elle a connu de nouveaux délais suite à la décision de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec d’en retarder l’approbation. Les ÉVQ procèderont lors des prochaines semaines à une analyse approfondie afin d’établir comment ils pourront répondre aux interrogations de la Régie tout en atteignant les objectifs poursuivis.

Pour les deux conférenciers, le dossier de la croissance différenciée a été l’enjeu principal de 2013. À la suite des demandes de volumes additionnels de l’Ontario et de l’Alberta ainsi qu’au retrait de l’Alberta de l’accord fédéral-provincial à la fin de 2013, le Québec a initié une intense période de consultations et de rencontres bilatérales auprès des autres provinces afin de développer une formule qui soit à la hauteur de la position concurrentielle de la filière québécoise et des réalités de la gestion de l’offre. Une entente de principe sur une formule de partage de la croissance a donc été conclue par toutes les provinces, à l’exception de l’Ontario. Cette entente respecte les exigences du Conseil des produits agricoles du Canada et vise à établir un équilibre entre l’historique de production d’une province et son niveau de compétitivité par rapport à une autre. En 2014, les ÉVQ poursuivront leurs démarches dans ce dossier et ne ménageront aucun effort pour en arriver à une entente juste et équitable pour les éleveurs, pour la filière du Québec et pour les partenaires canadiens.

La qualité du produit et le bien-être animal sont fort importants pour les éleveurs de volailles du Québec et pour l’ensemble de la filière avicole québécoise. Le programme PASAF est maintenant bien établi sur les fermes avicoles du Québec. Quant à la mise en place du Programme de soins aux animaux (PSA), celle-ci progresse à bon rythme; la quasi-totalité des fermes ont été auditées et ont reçu leur certification. Un comité bien-être animal de la filière avicole a aussi été mis sur pied en décembre 2013, dont le mandat est, entre autres, de développer un cahier de charges à l’intention des éleveurs pour les procédures d’attrapage et de chargement des oiseaux sur les fermes.

Une toute nouvelle campagne publicitaire dont le thème est De notre famille à la vôtre, souligne à sa manière l’année internationale de l’agriculture familiale. Cette campagne, qui sera au cœur des activités de promotion tout au long de 2014, vise à faire connaître le métier d’aviculteurs aux gens d’ici en mettant en vedette des éleveurs du Québec. « Il est dans notre mission de maintenir le capital de sympathie dont jouit le poulet du Québec et cette campagne représente une bonne façon de valoriser le travail des éleveurs », de préciser le président des ÉVQ, Pierre-Luc Leblanc.

Selon les deux représentants des ÉVQ, le gouvernement fédéral serait sur le point de régler l’épineux dossier des importations frauduleuses de poule de réforme et du Programme de report des droits de douanes qui minent le marché canadien du poulet depuis des années. L’élimination de ces échappatoires pourrait générer un accroissement significatif de la production puisqu’on évalue présentement à plus ou moins 10 % du marché canadien le volume qu’elles représentent.

D’après les deux porte-parole, les nombreux projets d’ententes bilatérales et plurilatérales en cours de négociation par le Canada ont eu pour effet de stimuler les critiques qui pressent le gouvernement afin qu’il ouvre davantage ses marchés des produits sous gestion de l’offre à la concurrence internationale. L’entente commerciale Canada-UE constitue un précédent décevant à cet égard, dont les ÉVQ souhaitent néanmoins qu’il n’influencera pas la position du gouvernement canadien dans les négociations du Partenariat transpacifique.

La vigilance et la présence dans les forums stratégiques ainsi qu’une action canadienne forte et concertée seront de plus en plus importantes et c’est dans ce contexte que les ÉVQ accentueront leurs actions en 2104, de concert avec le GO5.

Dossiers nationaux

M. Dave Janzen, président des Producteurs de poulet du Canada, a prononcé un discours grave sur le dossier de la croissance différenciée. En dépit des efforts des PPC et de plusieurs provinces, l’Alberta a quitté les rangs des PPC. Selon M. Janzen, les PPC et les provinces viennent de franchir un seuil important, car ils n’ont plus le contrôle de leur propre destinée. Le système de la gestion de l’offre est en danger étant donné que les provinces se sont montrées incapables d’être solidaires et de faire front commun. « Je crois dans notre système. Mais pour que le système ait une chance de survivre plutôt que d’exploser, nous devons penser à nos origines. Notre système est stable, mais même les structures les plus stables doivent être suffisamment souples pour résister aux pires conditions. », d’expliquer le président des PPC.

Pour MM. Martin Dufresne, délégué du Québec sortant, et Benoît Fontaine, nouveau délégué, la croissance de la production constitue leur principal cheval de bataille. Au cours de la dernière année, ils ont pu faire connaître directement aux élus qu’ils ont rencontrés les problématiques du secteur de la volaille. « C’est un travail long mais qui donne des résultats. Au cours des derniers mois, des signes encourageants démontrent que nous récupérons des volumes qui nous échappaient. Les efforts des PPC et des ÉVQ n’auront donc pas été vains ! », d’ajouter le nouveau délégué du Québec aux PPC. Concernant la consommation de poulet, M. Fontaine compte bien travailler avec les PPC afin que le poulet demeure la viande préférée des consommateurs.

Les propos de M. Mike Dungate, directeur exécutif aux PPC, ont porté sur l’intégrité du pilier des contrôles à l’importation, en particulier la poule de réforme, le Programme d’exonération des droits de l’Agence des services frontaliers du Canada et l’incidence des négociations commerciales sur le pilier du contrôle à l’importation. Pour solutionner le problème des importations frauduleuses de poules de réforme, les PPC travaillent à obtenir la certification obligatoire des importations de poule de réforme. Aussi, afin de différencier la poule et le poulet, les PPC ont investi un montant d’environ 250 000 $ pour élaborer un test de dépistage de l’ADN. Ce test devrait être complété au cours des prochains mois. Les PPC travaillent avec acharnement avec l’Agences des services frontaliers et le ministère des Finances pour que le poulet soit déclaré inadmissible au Programme d’exonération des droits. « Les importations en vertu du contingent tarifaire, la poule de réforme et le Programme d’exonération des droits représentent plus de 20 % du marché. C’est pourquoi nous avons accordé une priorité aussi élevée à la situation et que nous déployons tant d’efforts pour résoudre ces questions liées au pilier du contrôles à l’importation. », de conclure M. Dungate.

Dossiers de l’UPA

Les ÉVQ ont accueilli à leur assemblée générale annuelle le deuxième vice-président de l’Union des producteurs agricoles, M. Martin Caron. Selon ce dernier, le nouveau gouvernement doit bâtir sur la Politique de souveraineté alimentaire déposée en 2013 et aller plus loin. Il doit aussi offrir des programmes solides concernant la sécurité du revenu et la gestion des risques pour que les producteurs demeurent compétitifs. La protection du territoire agricole, l’appui à la relève et le développement durable sont d’autres dossiers sur lesquels se penchera l’UPA. Par ailleurs, selon l’Union, une révision de la fiscalité foncière agricole s’impose afin que la méthode d’évaluation des terres et des actifs agricoles soit basée sur leur valeur agronomique et que le mode de taxation n’impute pas de charges fiscales disproportionnées aux terres agricoles. Concernant les négociations commerciales canadiennes, M. Caron souligne que l’UPA apportera son soutien au GO5 afin de s’assurer que les négociateurs canadiens veillent aux intérêts des producteurs agricoles québécois.

5 000 km à la rame

La conférence de la rameuse océanique Mylène Paquette a terminé cette journée bien remplie. Avec humour et passion, Mme Paquette a raconté son parcours long et sinueux jusqu’à la réalisation de son rêve : traverser l’Atlantique Nord à la rame en solitaire et devenir la première canadienne à réaliser cet exploit. La traversée de 5 000 km entre Halifax et Lorient (en France) a permis à la rameuse de découvrir toute sa vulnérabilité, de comprendre l’importance de vivre son aventure à fond et de tirer une leçon d’humilité : la nature a toujours le dernier mot. La conférencière a démontré que tout est possible lorsqu’on est en connexion avec sa vision.

Les Éleveurs de volailles du Québec totalisent 819 éleveurs de poulet et de dindon. En 2013, ils comptaient 758 éleveurs de poulet, dont la part de marché canadienne était de 27 %, générant des recettes à la ferme de 664 millions de dollars par année. Les 136 éleveurs de dindon québécois, quant à eux, généraient des revenus à la ferme de 82 millions de dollars par année et produisaient environ 22,3 % de la production canadienne.

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Information : Marylène Jutras

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