Assemblée générale annuelle des Éleveurs de volailles du Québec 2013

Avril 2013

LONGUEUIL, le 29 avril 2013 – Près de 465 éleveurs et intervenants du secteur avicole québécois se sont réunis en assemblée générale annuelle le 17 avril dernier à Drummondville.

 Le président des ÉVQ, M. Jean-Paul Bouchard s’est adressé à son auditoire en affirmant que le Québec est un acteur majeur de la filière avicole canadienne. « Il est le second producteur en importance et certainement l’un des plus performants. En cette période qui annonce de multiples changements, la position enviable du Québec fait en sorte que notre tâche est de maintenir nos parts de marché tout en préservant la stabilité du marché canadien. »

Accès au quota et restructuration de la fédération

Cette année, les ÉVQ ont mené à terme deux dossiers qui étaient en cours de discussions depuis un certain temps. Le premier dossier est le système de vente centralisé de quotas de poulet et de dindon. Dans le dindon, la séance de vente de quotas prévue le 28 mars n’a pas eu lieu en raison d’un nombre insuffisant d’offres de vente par zone et par type de production. Deux autres séances de vente sont prévues avant le début de la prochaine période de contrôle, la première en septembre 2013 et la seconde au début de 2014.

Concernant le projet de vente centralisée de quota de poulet, les représentants de l’industrie ont demandé au début mars à la Régie de tenir des audiences publiques où ils pourraient présenter leurs observations avant que cette dernière approuve les modifications au Règlement sur la production et la mise en marché du poulet déposées par les ÉVQ en décembre dernier. Ces modifications comprennent, entre autres, celles qui sont nécessaires à la mise en place de l’encan. La tenue d’audiences publiques pourrait ainsi retarder la mise en place de l’encan et la réouverture des transactions de quotas.

Le deuxième dossier est la restructuration de la fédération, favorisée par l’UPA du futur. Cette restructuration répond à une demande des éleveurs. Les cinq nouvelles régions qui ont un nombre plus équilibré d’éleveurs favoriseront à l’avenir un sentiment d’équité dans les prises de décision. Ce nouvel équilibre augmentera le niveau de confiance des éleveurs envers leur conseil d’administration. De plus, chaque région pourra être représentée à l’exécutif. Un poste réservé aux éleveurs de dindon confirme aussi la reconnaissance de cette importante production comme faisant partie intégrante des ÉVQ.

Les éleveurs de poulet et de dindon du Québec d’aujourd’hui et de demain sont les grands gagnants de ce projet qui se concrétisera lors d’une assemblée générale extraordinaire qui se tiendra le 12 juin 2013.

Convention de mise en marché

L’année 2012 a aussi été marquée par l’homologation le 7 février 2012 par la Régie de la Convention de mise en marché signée en 2011 entre les ÉVQ et l’AAAQ. Plusieurs mois de négociation ont été nécessaires pour en établir le cadre. Pour le président, la Convention de mise en marché est bonne pour toutes les parties. Elle a rapidement démontré qu’elle était en mesure de stabiliser les approvisionnements des acheteurs du Québec et de l’Ontario.

Croissance différenciée

Le dossier de la croissance différenciée s’est compliqué avec la possibilité du retrait de l’Alberta de l’accord fédéral-provincial à compter de 2014, mais aussi avec les demandes de volume additionnel de l’Ontario. « Ce dossier, toujours actif, demandera toute notre vigilance en 2013. Il en va de nos intérêts et de ceux de la filière avicole québécoise. », de soutenir M. Bouchard. C'est pourquoi les ÉVQ ne ménageront pas les efforts pour faire valoir la place que doit occuper le Québec afin de développer le plein potentiel du marché canadien. Les ÉVQ préparent la reprise des pourparlers afin d’en arriver à une entente qui permettra le maintien de l’Alberta au sein de l’accord fédéral-provincial. À cette fin, le Québec est prêt à tenir compte de la répartition de la population canadienne pour allouer la croissance de la production de poulet, mais uniquement si l’exercice est fait sur une base régionale, de manière à refléter la dynamique naturelle des marchés.

Commerce interprovincial

Le commerce interprovincial est devenu un enjeu au niveau du bien-être animal. Une entente intervenue entre l’industrie et les fédérations du Québec et de l’Ontario a permis une normalisation du commerce interprovincial. La stabilité de cette entente a été perturbée par la construction d’un nouvel abattoir au Nouveau-Brunswick. La demande supplémentaire pour remplir ces nouveaux crochets a provoqué une recrudescence dans le commerce interprovincial. Ce nouveau mouvement de poulet vivant a affecté notre industrie et particulièrement nos abattoirs de plus petite taille. Les ÉVQ devront trouver une solution qui va satisfaire l’ensemble de l’industrie, éleveurs et transformateurs.

Commerce international

Le dossier du commerce international fait aussi partie des priorités des ÉVQ. Dans le cadre des pourparlers sur l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG), l'Europe souhaite obtenir un accès accru au marché canadien des fromages. Si elle l’obtenait, une brèche s’ouvrirait dans le système de gestion de l’offre en place. Cela aurait pour conséquence de créer un dangereux précédent pour l’ensemble des productions sous gestion de l’offre au moment même où le Canada entame des pourparlers dans le cadre du Partenariat transpacifique. C’est pourquoi les ÉVQ maintiennent une participation active au sein du GO5 et à ses activités et continuent de collaborer avec les gouvernements provincial et fédéral afin de défendre le système de mise en marché, de façon à ce que les tarifs et les contingents tarifaires qui nous protègent des géants américains et brésiliens demeurent à leur niveau actuel.

Réunion fermée réservée aux titulaires de quota

L’avant-midi était consacré à la réunion fermée réservée uniquement aux titulaires de quota. Lors de cette réunion, les ÉVQ ont présenté le projet de restructuration syndicale et la modification du règlement général des ÉVQ. Les délégués ont voté en faveur duplan de restructuration et ils ont approuvé les amendements proposés au règlement général des ÉVQ ainsi que les nouvelles annexes 1 à 3 y étant incluses, et ce, afin qu’ils entrent en vigueur le 12 juin 2013. La mise au point du projet de règlement général des nouveaux syndicats et la tenue d’une assemblée générale extraordinaire le 12 juin prochain constituent les prochaines étapes. Cette assemblée sera divisée en deux parties : en matinée se tiendront des assemblées générales spéciales des syndicats actuels durant lesquelles il y aura dissolution ou agrandissement de territoire; en après-midi auront lieu les assemblées générales spéciales des nouveaux syndicats; l’adoption du règlement général et les élections des administrateurs.

Aussi, MM. Yvan Brodeur et Christian Trottier, représentant respectivement l’AAAQ et Les Couvoiriers du Québec, sont venus expliquer la problématique des calendriers d’abattage et de disponibilité des poussins. Les abattoirs et les couvoirs font face à des défis et contraintes qui peuvent représenter un casse-tête majeur et nuire à l’objectif poursuivi par l’ensemble de la filière, soit produire un poulet de qualité (physique, nutritif, salubre) dont le poids et l’alimentation répondent aux besoins du consommateur et livrer à temps toutes les quantités désirées. Selon les deux représentants, l’industrie a de la difficulté à rencontrer les besoins des consommateurs. Les solutions impliquent tous les maillons de la filière. Ils proposent plusieurs pistes de solutions, notamment, dedemander aux éleveurs de faire preuve de flexibilité en ce qui concerne, entre autres, le sexe des oiseaux et les dates d’entrée et d’abattage.

Dossiers nationaux

M. Dave Janzen, président des Producteurs de poulet du Canada, et M. Martin Dufresne, délégué du Québec aux PPC et 2evice-président au comité exécutif des PPC, ont fait un tour d’horizon des principaux dossiers nationaux en 2012.

Le dossier de la croissance différenciée représente le principal enjeu que doit relever les PPC. Beaucoup d’efforts ont été déployés durant la dernière année par les PPC et les offices provinciaux. La série de négociations dirigée par les PPC a réduit les différends et produit une approche fondée sur une formule pour l’allocation de la croissance future au prorata, en fonction de critères liés à la population, à l’économie et au rendement. « Même si une entente n’a pas été conclue en décembre, le progrès accompli a amené les offices provinciaux à accepter de poursuivre les négociations avec, comme objectif, de finaliser une entente qui soit acceptable pour les 10 provinces. », d’affirmer M. Janzen. Cette question de toute première importante pour les PPC demeurera une priorité tout au long de l’année 2013.

L’augmentation importante et continuelle des importations de poules de réforme constitue le plus grand problème que doit résoudre l’industrie canadienne du poulet, selon M.Martin Dufresne, délégué du Québec aux PPC et 2evice-président au comité exécutif des PPC. D’ailleurs, les PPC ont mis sur pied un Groupe de travail sur les importations de poulet et travaillent en collaboration avec des ministères suivants : Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), Affaires étrangères et Commerce international Canada (MAECI), Finances, Agence des services frontaliers du Canada(ASFC) et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

M. Janzen a remercié les éleveurs pour leur certification PASAF. Il a souligné qu’ils peuvent être fiers des deux programmes de salubrité et de soins aux animaux des PPC, car le premier programme a obtenu la pleine reconnaissance des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriauxalors que pour le second programme, un protocole d’entente a été signé par les dix offices provinciaux et les PPC en juillet 2012.

Dossiers de l’UPA

Les ÉVQ ont accueilli à leur assemblée générale annuelle le premier vice-président de l’Union des producteurs agricoles, M. Pierre Lemieux. Devant les défis de plus en plus nombreux et importants, M. Lemieux a conseillé aux éleveurs d’essayer de travailler dans le plus large consensus possible en donnant en exemple la défense de la gestion de l’offre et l’accord de partenariat transpacifique. Le 1ervice-président a également souligné le travail sur la restructuration syndicale des ÉVQ, un chantier très important pour l’UPA qui lui permettra d’être plus performante et plus près des agriculteurs. L’UPA se penchera sur trois autres chantiers au cours des prochains mois : la nouvelle politique agricole déposée par le MAPAQ ce printemps, l’intégration et le phénomène croissant d’accaparement et de financiarisation des terres.

Les Éleveurs de volailles du Québec totalisent 820 éleveurs de poulet et de dindon. En 2012, ils comptaient 758 éleveurs de poulet, dont la part de marché canadienne était de 27,1 %, générant des recettes à la ferme de 625 millions de dollars par année. Les 136 éleveurs de dindon québécois, quant à eux, généraient des revenus à la ferme de près de 80 millions de dollars par année et produisaient environ 22,0 % de la production canadienne. Depuis 2004, rappelons que le poulet est la viande la plus consommée au Canada. Les Canadiens consomment en moyenne 31,1 kilogrammes de poulet par année.

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