Assemblée générale annuelle 2010 des Éleveurs de volailles du Québec

Avril 2010

« 40 ans d’histoire cette année… C’est majeur ! D’autant plus qu’en repensant à toutes ces années, je constate avec fierté nos avancées et les pas de géant que nous avons réalisés ensemble avec nos partenaires. Pas de géant qui font que poulet et dindon comptent aujourd’hui parmi les productions agroalimentaires les plus saines et vigoureuses qui soient au Québec. S’il nous est donné de tracer un bilan global si positif, c’est qu’au fil des ans nous avons mené chaque dossier et chaque projet « avec coeur et rigueur ». Pour réussir, nous avons dû relever des défis et faire preuve de dynamisme et d’initiative. Nous avons défendu nos mécanismes de vente, nos parts de marchés et notre gestion de l’offre tout en produisant des volailles hautement appréciées des consommateurs. La croissance de notre production et de la consommation de volailles en font foi depuis 40 ans. »

C’est en ces termes que s’est adressé le président des Éleveurs de volailles du Québec (ÉVQ), M. Martin Dufresne, aux quelque 400 éleveurs et intervenants de l’industrie avicole québécoise présents à l’assemblée générale annuelle qui s’est tenue à Lévis aujourd’hui.

Accès au quota

L’accès au quota est l’un des dossiers prioritaires pour les ÉVQ et il a constitué le thème principal de l’assemblée générale annuelle des Éleveurs de volailles du Québec du 14 avril dernier. Au début de 2010, le conseil d’administration des Éleveurs de volailles du Québec a suspendu les transferts de quotas à l’exception de ceux qui seront effectués entre les membres de la famille immédiate. L’objectif visé est simple : mettre en place un système d’échange permettant d’uniformiser les conditions d’accès au quota pour tous les acheteurs et maintenir la position concurrentielle de nos fermes.

Les ÉVQ ont accueilli à leur assemblée générale annuelle deux conférenciers de renom pour présenter différents types de mécanismes de vente de quotas dont celui en application dans les oeufs de consommation. Ainsi, M. Maurice Doyon, docteur en économie à l’Université Laval, a prononcé une conférence intitulée Fonctionnement et résultats attendus de l’enchère à demande tronquée alors que Mme Diane Gilbert, économiste au Groupe Agéco, a expliqué l’application concrète de la vente centralisée.

Deux autres dossiers retiendront particulièrement l’attention des ÉVQ en 2010 : les importations supplémentaires et l’UPA du futur.

Importations supplémentaires et la règle du 13 %

Pour le président des ÉVQ, l’établissement du contingent tarifaire par le ministre fédéral du commerce international est très préoccupant. Pour 2010 en effet, le contingent tarifaire de poulet pourrait dépasser de 12,8 millions de kilogrammes le contingent tarifaire de base alors que le dépassement pourrait atteindre 1,7 million de kilogrammes dans le cas du dindon.

Cette hausse des contingents tarifaires provient du fait que certains produits ne sont pas soumis à la liste de contrôle des importations (produits Non LCI), dont les produits qui contiennent 87 % ou moins de poulet ou de dindon. Le contrôle des importations est primordial pour le maintien d’un équilibre sur le marché domestique canadien. « En parallèle avec Les Producteurs de poulet du Canada, nous allons amorcer un processus de représentations auprès du gouvernement du Canada afin qu’il modifie la règle du 13 %. Nous voulons que le gouvernement réduise l’importation de produits Non LCI, à des produits contenant 20 % ou moins de poulet ou de dindon au lieu du 87 % actuel. Nous demandons également au gouvernement du Québec d’appuyer notre cause auprès du gouvernement canadien. », a ajouté M. Dufresne.

L’UPA du futur et planification stratégique des ÉVQ

Les ÉVQ ont accueilli à leur assemblée générale annuelle le deuxième vice-président de l’UPA, M. Denis Bilodeau. Ce dernier a expliqué la mise en contexte et la démarche du projet UPA du futur. Les ÉVQ ont eux-mêmes entamé un processus de réflexion quant à leur avenir par le biais de la planification stratégique. Ils y ont revu la mission des ÉVQ, articulé une vision, défini des valeurs et mis en place des pistes d’action concrètes. « Nous évaluerons sérieusement les changements qui seront apportés à la structure de l’UPA ainsi que leur impact sur la place que nous y occuperons. Notre priorité sera toujours de demeurer près de nos membres puisque c’est grâce à notre sens collectif que nous nous sommes taillés une place de marque au sein de l’agriculture canadienne et québécoise. », de préciser M. Dufresne.

Négociations à l’OMC

Au plan du commerce international, les ÉVQ continuent par ailleurs d’être très préoccupés. D’abord, les négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève ne sont pas finies et les tenants de la libéralisation des marchés mondiaux, dont celui des produits agricoles, souhaitent la signature d’un accord en 2010. «Vu de l’extérieur, le dossier de l’OMC ne semble pas avoir été très actif en 2009. Ce n’est qu’une illusion. Dans les faits, des gens s’affairent présentement à Genève et nous faisons toujours face à la menace d’un accroissement des accès à nos marchés.», a affirmé le président des ÉVQ.

En substance, les ÉVQ et les membres du GO5 veulent demander aux tenants du libre commerce planétaire de respecter leurs engagements aux niveaux de la sécurité alimentaire, des besoins des collectivités rurales et du développement durable. Au cours des prochains mois, ils participeront à différentes tribunes internationales afin de défendre leur position et, ultimement, de protéger le système de gestion de l’offre.

Conclusion

Au cours de l’assemblée, d’autres sujets ont été abordés, dont le commerce national, le cours des marchés, la relève, l’environnement, la salubrité à la ferme et le soin aux animaux. « Nous avons eu une année 2009 chargée, mais positive lorsqu’on en trace un bilan global. Nous célébrons cette année le 40e anniversaire des Éleveurs de volailles du Québec. Cet anniversaire coïncide avec une période stimulante et fort importante de notre existence. Compte tenu de l’importance stratégique des dossiers que nous traitons, 2010 sera une année charnière qui nous permettra de jeter les bases des prochaines décennies en aviculture. Décennies que nous voulons à l’image des précédentes : stimulantes et remplies de succès pour tous les éleveurs de volailles.», a conclu M. Martin Dufresne.

Les Éleveurs de volailles du Québec totalisent 839 éleveurs de poulet et de dindon. En 2009, ils comptaient 776 éleveurs de poulet, dont la part de marché canadienne était de 27,1 %, générant des recettes à la ferme de près de 550 millions de dollars par année. Les 133 éleveurs de dindon québécois, quant à eux, généraient des revenus à la ferme de près de 80 millions de dollars par année et produisaient environ 22,3 % de la production canadienne. Depuis 2004, rappelons que le poulet est la viande la plus consommée au Canada. Les Canadiens consomment en moyenne 31,7 kilogrammes de poulet par année.

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Source et information : Marylène Jutras, agente de communication
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